Vingt-quatre modèles de têtes de lavage portent le nom Tanko®, et une liste alphabétique n’aide personne à choisir. Ce qui range vraiment la gamme, c’est la mécanique du nettoyage : arroser, balayer, frapper, ou entraîner mécaniquement. Quatre familles, quatre réponses à quatre problèmes différents. Cette page donne, pour chacune, ce qu’elle fait, ce qu’elle ne fait pas, et le cas où elle s’impose.
Le tableau d’orientation
| Famille | Mécanique | Le cas où elle s’impose | Modèles |
|---|---|---|---|
| Série S rotatives | Balayage par fentes, rotation sur roulements | Nettoyage en place courant, dépôt qui se rince | S10 · S20 · S30 · S40 · S40HF · S50 |
| Rotatives spécialisées | Idem, avec une contrainte d’installation ou d’hygiène en plus | Hygiène renforcée, montage rétractable, géométrie particulière | SF · CR40 · RB · RPB · RT · RTF · GC |
| Jets rotatifs | Jets pleins, double rotation, motif couvrant 360° | Dépôt tenace, incrustation, grand volume | JM100 · JM500 · JM800 · CP2S · CP2F · CP3 · CP3F · MX125 · MX150 |
| Motorisées | Entraînement indépendant du fluide | Vitesse de rotation maîtrisée, indépendante du débit | JX70 · JX75 |
La série S : le standard du nettoyage en place
Six modèles, une seule plage de pression — 1,5 à 3 bar — et une progression continue du débit et de la portée. C’est la famille à considérer en premier, parce qu’elle couvre la majorité des besoins sans demander ni électricité ni haute pression.
| Modèle | Débit | Pression de service |
|---|---|---|
| S10 | 0,25 – 1,2 m³/h | 1,5 – 3 bar |
| S20 | 0,5 – 3 m³/h | 1,5 – 3 bar |
| S30 | 1,2 – 7,2 m³/h | 1,5 – 3 bar |
| S40 | 2,4 – 12 m³/h | 1,5 – 3 bar |
| S40HF | jusqu’à 12 m³/h | 1,5 – 3 bar |
| S50 | 4,8 – 18 m³/h | 1,5 – 3 bar |
La S40HF mérite une explication : ce n’est pas une S40 « plus grosse ». C’est une fente spéciale, orientée vers l’impact plutôt que vers le volume. On la choisit quand la géométrie est déjà bien couverte par une S40 mais que le dépôt résiste.
Le détail de la méthode de choix est dans notre article comment choisir sa tête de lavage rotative.
Les rotatives spécialisées : quand l’installation commande
Même mécanique de balayage, mais une contrainte supplémentaire qui n’est pas hydraulique :
- SF — conception hygiénique, pour installation fixe dans les réservoirs soumis aux plus hauts standards d’hygiène. C’est le modèle des procédés où l’équipement lui-même ne doit rien retenir.
- RT et RTF — rétractables. La tête n’est présente dans la cuve que pendant le lavage : elle ne gêne pas le procédé, ne perturbe pas l’agitation et ne subit pas le produit en continu.
- RB, RPB et CR40 — variantes de construction pour des contextes d’installation différents.
- GC — conçue pour le nettoyage des pales d’agitateurs. C’est le cas typique où une tête standard échoue : l’agitateur est précisément l’obstacle qui crée l’ombre de lavage, et il faut un équipement qui le vise au lieu de le contourner.
Les jets rotatifs : quand le dépôt résiste
Ici, la logique change. Au lieu d’étaler le débit sur toute la paroi, on le concentre dans quelques jets pleins animés d’une double rotation, qui frappent successivement chaque point selon un motif couvrant l’ensemble du volume à 360°. Le pouvoir de décolmatage devient très supérieur, et la consommation d’eau baisse — le motif évite de rincer indéfiniment ce qui est déjà propre.
Trois sous-ensembles cohabitent :
- la série JM — JM100, JM500, JM800 — dernière génération, pour les nettoyages les plus exigeants et les grands volumes ;
- la série CP — CP2S, CP2F, CP3, CP3F ;
- la série MX — MX125 et MX150.
Le point d’exploitation à connaître : un jet rotatif demande un cycle complet. Son motif de balayage ne devient couvrant qu’au bout d’un nombre entier de passes. Écourter le cycle ne réduit pas l’efficacité proportionnellement — cela laisse des bandes entières non traitées, toujours aux mêmes endroits.
Les motorisées : dissocier la rotation du débit
Sur une tête rotative classique, c’est le fluide qui entraîne la rotation : la vitesse dépend donc du débit. Les modèles motorisés JX70 et JX75 séparent les deux : l’entraînement est indépendant, donc la vitesse de rotation se maîtrise quel que soit le débit.
Cela intéresse les procédés où le débit disponible varie, ou ceux où l’on veut régler le temps de contact indépendamment du volume d’eau engagé. En contrepartie, il faut une alimentation et une maintenance de l’entraînement : c’est un choix de procédé, pas une montée en gamme.
Ce qui est commun à toute la gamme
- Matériaux — aciers inoxydables 1.4404 et 1.4435 (316L), alliage 2.4602 (Hastelloy C22) pour les milieux fortement corrosifs. Température maximale d’utilisation d’environ 230 °C selon les modèles.
- Raccordements — Clipon, filetage (BSP, NPT, NPSM) et Weldon à souder, aux normes DIN, ISO, Inch et SMS. L’adaptateur hygiénique à souder TANKO-AN complète l’ensemble pour les montages sans zone de rétention.
- ATEX — versions certifiées disponibles. À déclarer au devis : c’est un modèle différent, pas une option documentaire.
- Certificat matière — le 3.1 selon EN 10204 se commande avec l’équipement, jamais après.
Choisir en trois questions
- Le dépôt se rince-t-il, ou faut-il le décoller ? Rincer → série S. Décoller → jets rotatifs.
- Y a-t-il une contrainte d’installation ou d’hygiène ? Si oui → rotatives spécialisées (SF, RT, RTF, GC).
- La vitesse de rotation doit-elle être indépendante du débit ? Si oui → motorisées.
La gamme complète est visible sur la page des têtes de lavage. Pour le cadre général, voir le guide du lavage industriel de cuves ; pour un cas hors standard, notre bureau d’études réalise des essais avant de trancher.
